Saisir
Saisir quand tout me quitte,
Et avec quelles mains
Saisir cette pensée,
Et avec quelles mains
Saisir enfin le jour
Par la peau de son cou,
Le tenir remuant
Comme un lièvre vivant ?
Viens, sommeil, aide-moi,
Tu saisiras pour moi
Ce que je n'ai pu prendre
Sommeil aux mains plus grandes.
Et avec quelles mains
Saisir cette pensée,
Et avec quelles mains
Saisir enfin le jour
Par la peau de son cou,
Le tenir remuant
Comme un lièvre vivant ?
Viens, sommeil, aide-moi,
Tu saisiras pour moi
Ce que je n'ai pu prendre
Sommeil aux mains plus grandes.
Jules Supervielle, Le forçat innocent, « Saisir »
J'adore ce poète, il y a quelque chose de phénoménologique dans ses textes, de sensitif e tout cas, je suis fan et heureux d'avoir le même prénom que lui.
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